Extrait  n° 15

Ce texte comporte huit fautes, que les correcteurs automatiques ne repèrent pas toujours… Et vous ? Essayez de les trouver et postez-les dans la zone des commentaires (les bonnes réponses ne seront pas visibles sur le site – vous les recevrez par mail).

[Pas de fautes à relever dans l'emploi des minuscules et des majuscules après les différents signes de ponctuation].

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6 août. – Cette fois, je ne suis pas fou. J’ai vu… j’ai vu… j’ai vu !… Je ne puis plus douter… j’ai vu !… J’ai encore froid jusque dans les ongles… j’ai encore peur jusque dans les moelles… j’ai vu !…

Je me promenais a deux heures, en plein soleil, dans mon parterre de rosiers… dans l’allée des rosiers d’automne qui commencent à fleurir.

Comme je m’arrêtais à regarder un géant des batailles, qui portait trois fleurs magnifiques, je vis, je vis distinctement, tout prêt de moi, la tige d’une de ces roses se plier, comme si une main invisible l’eût tordu, puis se casser, comme si cette main l’eût cueilli ! Puis la fleur s’éleva, suivant une courbe qu’aurait décrite un bras en la portant vers une bouche, et elle resta suspendue dans l’air transparent, toute seule, immobile, effrayante tâche rouge à trois pas de mes yeux.

Éperdu, je me jetai sur elle pour la saisir ! Je ne trouvai rien ; elle avait disparue. Alors je fus pris d’une colère furieuse contre moi-même ; car il n’est pas permit à un homme raisonnable et sérieux d’avoir de pareilles hallucinations.

Mais était-ce bien une hallucination ? Je me retournai pour chercher la tige, et je la retrouvai immédiatement sur l’arbuste, fraîchement brisée entre les deux autres roses demeurées à la branche.

Alors, je rentrai chez moi l’âme bouleversée, car je suis certain, maintenant, certain comme de l’alternance des jours et des nuits, qu’il existe près de moi un être invisible, qui se nourrit de lait et d’eau, qui peut toucher aux choses, les prendre et les changer de place, doué par conséquent d’une nature matérielle, bien qu’imperceptible pour nos sens, et qui habite comme moi, sous mon toi…

Guy de Maupassant, Le Horla (1887)

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Extrait  n° 12

Ce texte comporte cinq  fautes, que les correcteurs automatiques ne repèrent pas toujours… Et vous ? Essayez de les trouver et postez-les dans la zone des commentaires (les bonnes réponses ne seront pas visibles sur le site – vous les recevrez par mail).

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Ma cousine, très incrédule aussi, souriait. Le docteur Parent lui dit :

« Voulez-vous que j’essaie de vous endormir, madame ?

- Oui, je veux bien. »

Elle s’assit dans un fauteuil et il commença à la regarder fixement en la fascinant. Moi, je me sentis soudain un peu troublé, le cœur battant, la gorge serrée. Je voyais les yeux de Mme Sablé s’alourdir, sa bouche se crisper, sa poitrine haleter.

Au bout de dix minutes, elle dormait.

« Mettez-vous derrière elle », dit le médecin.

Et je m’assis derrière elle. Il lui plaça entre les mains une carte de visite en lui disant : « Ceci est un miroir ; que voyez-vous dedans ? »

Elle répondit :

« Je voie mon cousin.

- Que fait-il ?

- Il se tort la moustache.

- Et maintenant ?

- Il tire de sa poche une photographie.

- Qu’elle est cette photographie ?

- La sienne. »

C’était vrai ! Et cette photographie venait de m’être livrée, le soir même, à l’hôtel.

« Comment est-il sur ce portrait ?

- Il se tient debout avec son chapeau à la main. »

Donc elle voyait dans cette carte, dans ce carton blanc, comme elle eût vue dans une glace.

Les jeunes femmes, épouvantées, disaient : « Assez ! Assez ! Assez ! »

Mais le docteur ordonna : « Vous vous lèverez demain à huit heures ; puis vous irez trouver à son hôtel votre cousin, et vous le supplierez de vous prêter cinq milles francs que votre mari vous demande et qu’il vous réclamera à son prochain voyage. »

Puis il la réveilla.

En rentrant à l’hôtel, je songeai à cette curieuse séance et des doutes m’assaillirent, non point sur l’absolue, sur l’insoupçonnable bonne foi de ma cousine, que je connaissais comme une sœur, depuis l’enfance, mais sur une supercherie possible du docteur. Ne dissimulait-il pas dans sa main une glace qu’il montrait à la jeune femme endormie, en même temps que sa carte de visite ? Les prestidigitateurs de profession font des choses autrement singulières.

Guy de Maupassant, Le Horla (1887)

Extrait  n° 14

Ce texte comporte cinq fautes, que les correcteurs automatiques ne repèrent pas toujours… Et vous ? Essayez de les trouver et postez-les dans la zone des commentaires (les bonnes réponses ne seront pas visibles sur le site – vous les recevrez par mail).

[Pas de fautes à relever dans l'emploi des minuscules et des majuscules après les différents signes de ponctuation].

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Voilà ! je viens de rentrer ; et je n’ai put déjeuner, tant cette expérience m’a bouleversé.

19 juillet – Beaucoup de personnes a qui j’ai raconté cette aventure se sont moqué de moi. Je ne sais plus que penser. Le sage dit : Peut-être ?

21 juillet. – J’ai été dîné à Bougival, puis j’ai passé la soirée au bal des canotiers. Décidément, tout dépend des lieux et des milieux. Croire au surnaturel dans l’île de la Grenouillère, serait le comble de la folie… mais au sommet du mont Saint-Michel?… mais dans les Indes ? Nous subissons effroyablement l’influence de ce qui nous entoure. Je rentrerais chez moi la semaine prochaine.

30 juillet. – Je suis revenu dans ma maison depuis hier. Tout va bien.

2 août. – Rien de nouveau ; il fait un temps superbe. Je passe mes journées à regarder couler la Seine.

4 août. – Querelles parmi mes domestiques. Ils prétendent qu’on casse les verres, la nuit, dans les armoires. Le valet de chambre accuse la cuisinière, qui accuse la lingère, qui accuse les deux autres. Quel est le coupable ? Bien fin qui le dirait !

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Guy de Maupassant, Le Horla (1887)

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Extrait  n° 13

Ce texte comporte six fautes. Essayez de les trouver et postez-les dans la zone des commentaires (les bonnes réponses ne seront pas visibles sur le site – vous les recevrez par mail).

[Ne tenez pas compte des minuscules après les points d'exclamation et de suspension]

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Je rentrai donc et je me couchai.

Or, ce matin, vers huit heures et demie, je fus réveillé par mon valet de chambre, qui me dit :

« C’est Mme Sablé qui demande à parler à monsieur tout de suite. »

Je m’habillai à la hâte et je la reçus.

Elle s’assit fort troublée, les yeux baissés, et, sans lever son voile, elle me dit :

« Mon cher cousin, j’ai un gros service à vous demander.

- Lequel, ma cousine ?

- Cela me gêne beaucoup de vous le dire, et pourtant, il le faut. J’ai besoin, absolument besoin, de cinq mille francs.

- Allons donc, vous ?

- Oui, moi, ou plutôt mon mari, qui me charge de les trouver. »

J’étais tellement stupéfait, que je balbutiais mes réponses. Je me demandais si vraiment elle ne c’était pas moquée de moi avec le docteur Parent, si ce n’était pas là une simple farce préparée d’avance et fort bien jouée.

Mais, en la regardant avec attention, tous mes doutes se dissipèrent. Elle tremblait d’angoisse, tant cette démarche lui était douloureuse, et je compris qu’elle avait la gorge pleine de sanglots.

Je la savais fort riche et je repris :

« Comment ! votre mari n’a pas cinq mille francs à sa disposition ! Voyons, réfléchissez. Etes-vous sûre qu’il vous a chargée de me les demander ? »

Elle hésita quelques secondes comme si elle eût fait un grand effort pour chercher dans son souvenir, puis elle répondit :

« Oui…, oui… j’en suis sûre.

- Il vous a écris ? »

Elle hésita encore, réfléchissant. Je devinai le travail torturant de sa pensée. Elle ne savait pas. Elle savait seulement qu’elle devait m’emprunter cinq mille francs pour son mari. Donc elle osa mentir.

« Oui, il m’a écrit.

- Quand donc ? Vous ne m’avez parlé de rien, hier.

- J’ai reçue sa lettre ce matin.

- Pouvez-vous me la montrer ?

- Non… non… non… elle contenait des choses intimes… trop personnelles… je l’ai… je l’ai brûlée.

- Alors, c’est que votre mari fait des dettes. »

Elle hésita encore, puis murmura :

« Je ne sais pas. »

Je déclarai brusquement :

« C’est que je ne puis disposer de cinq mille francs en ce moment, ma chère cousine. »

Elle poussa une sorte de cri de souffrance.

« Oh ! oh ! je vous en prie, je vous en prie, trouvez-les… »

Elle s’exaltait, joignait les mains comme si elle m’eût prié ! J’entendais sa voix changer de ton ; elle pleurait et bégayait, harcelée, dominée par l’ordre irrésistible qu’elle avait reçu.

« Oh ! oh ! je vous en supplie… si vous saviez comme je souffre… il me les faut aujourd’hui. »

J’eus pitié d’elle.

« Vous les aurez tantôt, je vous le jure ».

Elle s’écria :

« Oh ! merci ! merci ! que vous êtes bon. »

Je repris :

« Vous rappelez-vous ce qui c’est passé hier chez vous ?

- Oui.

- Vous rappelez-vous que le docteur Parent vous a endormie ?

- Oui.

- Et bien, il vous a ordonné de venir m’emprunter ce matin cinq mille francs, et vous obéissez en ce moment à cette suggestion. »

Elle réfléchit quelques secondes et répondit :

« Puisque c’est mon mari qui les demande. »

Pendant une heure, j’essayai de la convaincre, mais je n’y pus parvenir.

Quand elle fut partie, je courus chez le docteur. Il allait sortir ; et il m’écouta en souriant. Puis il dit :

« Croyez-vous maintenant ?

- Oui, il le faut bien.

- Allons chez votre parente. »

Elle sommeillait déjà sur une chaise longue, accablée de fatigue. Le médecin lui prit le pouls, la regarda quelques temps, une main levée vers ses yeux qu’elle ferma peu à peu sous l’effort insoutenable de cette puissance magnétique.

Quand elle fut endormie :

« Votre mari n’a plus besoin de cinq mille francs. Vous allez donc oublier que vous avez prié votre cousin de vous les prêter, et, s’il vous parle de cela, vous ne comprendrez pas. »

Puis il la réveilla. Je tirai de ma poche un portefeuille :

« Voici, ma chère cousine, ce que vous m’avez demandé ce matin. »

Elle fut tellement surprise que je n’osai pas insister. J’essayai cependant de ranimer sa mémoire, mais elle nia avec force, crut que je me moquais d’elle, et faillit, à la fin, se fâcher.

Guy de Maupassant, Le Horla (1887)

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Extrait  n° 12

Ce texte comporte cinq  fautes, que les correcteurs automatiques ne repèrent pas toujours… Et vous ? Essayez de les trouver et postez-les dans la zone des commentaires (les bonnes réponses ne seront pas visibles sur le site – vous les recevrez par mail).

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Ma cousine, très incrédule aussi, souriait. Le docteur Parent lui dit :

« Voulez-vous que j’essaie de vous endormir, madame ?

- Oui, je veux bien. »

Elle s’assit dans un fauteuil et il commença à la regarder fixement en la fascinant. Moi, je me sentis soudain un peu troublé, le cœur battant, la gorge serrée. Je voyais les yeux de Mme Sablé s’alourdir, sa bouche se crisper, sa poitrine haleter.

Au bout de dix minutes, elle dormait.

« Mettez-vous derrière elle », dit le médecin.

Et je m’assis derrière elle. Il lui plaça entre les mains une carte de visite en lui disant : « Ceci est un miroir ; que voyez-vous dedans ? »

Elle répondit :

« Je voie mon cousin.

- Que fait-il ?

- Il se tort la moustache.

- Et maintenant ?

- Il tire de sa poche une photographie.

- Qu’elle est cette photographie ?

- La sienne. »

C’était vrai ! Et cette photographie venait de m’être livrée, le soir même, à l’hôtel.

« Comment est-il sur ce portrait ?

- Il se tient debout avec son chapeau à la main. »

Donc elle voyait dans cette carte, dans ce carton blanc, comme elle eût vue dans une glace.

Les jeunes femmes, épouvantées, disaient : « Assez ! Assez ! Assez ! »

Mais le docteur ordonna : « Vous vous lèverez demain à huit heures ; puis vous irez trouver à son hôtel votre cousin, et vous le supplierez de vous prêter cinq milles francs que votre mari vous demande et qu’il vous réclamera à son prochain voyage. »

Puis il la réveilla.

En rentrant à l’hôtel, je songeai à cette curieuse séance et des doutes m’assaillirent, non point sur l’absolue, sur l’insoupçonnable bonne foi de ma cousine, que je connaissais comme une sœur, depuis l’enfance, mais sur une supercherie possible du docteur. Ne dissimulait-il pas dans sa main une glace qu’il montrait à la jeune femme endormie, en même temps que sa carte de visite ? Les prestidigitateurs de profession font des choses autrement singulières.

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Guy de Maupassant, Le Horla (1887)

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« Présentation PowerPoint à 14 heures ; 250 personnes qui vont voir mes images, analyser mes graphiques et… lire mes légendes et mes textes. Aïe… Je crois qu’il y aura aussi le patron, le Big Boss, le ‘phénix de ces hôtes de ces bois’, comme dirait le grand Jeannot…  Et mon assistante qui choisit toujours le bon moment pour prendre ses petites RTT… Mais bon sang de bon sang de bonsoir : qui va me corriger mes fautes d’orthographe ?! Parce que des fautes, il doit y en avoir un  paquet ! Ils vont tous les repérer, c’est sûr ! Surtout le Big Boss, qui va noter, noter, noter, en m’adressant des sourires assassins… Ah… c’est râpé, c’est plié, c’est foutu ! Oh, mon Dieu… Je peux faire une croix sur ma prime… C’est ma femme qui va être contente, quand je vais lui dire que cette année, le village vacances au Sénégal, c’est mort ! Mort, mort, mort  et enterré ! ‘La situation internationale a évolué’ ?… ‘évoluée’ ? Ah… bon sang…  Mais il est où, mon dico ? ‘La campagne de mailings a démarré’ ?… ‘démarrée’ ? Ah… Si seulement j’avais le temps d’aller chez le libraire à midi, pour m’acheter un manuel de conjugaison… Et même… même… à quoi ça me servirait ? Hein ? Il y a tellement de modes et de temps et de formes et de combinaisons à la noix qu’il m’enduirait d’erreurs… qu’il m’enduirait en erreur… euh… qu’il m’induirait d’erreurs… en erreur… Ah ! Je ne sais plus. Je suis perdu. Comme Boudu. Mais lui, au moins, on l’a sauvé des eaux. Et moi ? Hein ? Qui va me sauver avant 14 heures ? Hein ? D’où viendra mon salut ? »

- Pourquoi n’essaierais-tu pas un site de correction en ligne ? Ça te dépannerait, en attendant une bonne séance de remise à niveau.

- Vous croyez ?

- Oui.

- C’est une idée… Ils sont rapides, ces pros de la correction ?

- Ils peuvent… Contacte-les et demande-leur.

- Pourquoi pas… Mais… attendez un peu… Qui êtes-vous ? D’où vient cette voix ?

- Peu importe. Vas-y, fonce… Tu as encore le temps, avant 14 heures…

- O.K. Je me connecte. Merci !

- Au fait…

- Oui ?

- « La situation a évolué »… « La campagne a démarré »… c’est un « é », à la fin.

- Ah bon ? Et pourquoi ?

- Il n’y a pas de COD.

- Pas de COD ?

- Pas de COD.

- Ah mon Dieu…

- A qui le dis-tu !

- C’est une révélation.

- On en a vu d’autres…

- Ça, alors… J’en reviens pas… Pas de COD… Thanks a lot, en tout cas !

- De rien, mon fils… euh… mon ami. De rien, mon ami…

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T.V.

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Extrait  n° 11

Ce texte comporte cinq fautes, que les correcteurs automatiques ne repèrent pas toujours… Et vous ? Essayez de les trouver et postez-les dans la zone des commentaires (les bonnes réponses ne seront pas visibles sur le site – vous les recevrez par mail).

Remarque : pas de fautes à relever dans « le 76e chasseurs »


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16 juillet. – J’ai vu hier des choses qui m’ont beaucoup troublé.

Je dînais chez ma cousine, Mme Sablé, dont le mari commande le 76e chasseurs à Limoges. Je me trouvais chez elle avec deux jeunes femmes, dont l’une a épousé un médecin, le docteur Parent, qui s’occupe beaucoup des maladies nerveuses et des manifestations extraordinaires auxquelles donne lieu en ce moment les expériences sur l’hypnotisme et la suggestion.

Il nous raconta longtemps les résultats prodigieux obtenus par des savants anglais et par les médecins de l’école de Nancy.

Les faits qu’il avança me parurent tellement bizarres, que je me déclarai tout à fait incrédule.

« Nous sommes, affirmait-t-il, sur le point de découvrir un des plus importants secrets de la nature, je veux dire, un de ses plus importants secrets sur cette terre; car elle en a certes d’autrement importants, là bas, dans les étoiles. Depuis que l’homme pense, depuis qu’il sait dire et écrire sa pensée, il se sent frôlé par un mystère impénétrable pour ses sens grossiers et imparfaits, et il tâche de suppléer, par l’effort de son intelligence, à l’impuissance de ses organes. Quand cette intelligence demeurait encore à l’état rudimentaire, cette hantise des phénomènes invisibles a pris des formes banalement effrayantes. De la sont nées les croyances populaires au surnaturel, les légendes des esprits rôdeurs, des fées, des gnomes, des revenants, je dirai même la légende de Dieu, car nos conceptions de l’ouvrier-créateur, de quelque religion qu’elles nous viennent, sont bien les inventions les plus médiocres, les plus stupides, les plus inacceptables sorties du cerveau apeuré des créatures. Rien de plus vrai que cette parole de Voltaire : ‘Dieu a fait l’homme à son image, mais l’homme le lui a bien rendu.’

« Mais, depuis un peu plus d’un siècle, on semble pressentir quelque chose de nouveau. Mesmer et quelques autres nous ont mit sur une voie inattendue, et nous sommes arrivés vraiment, depuis quatre ou cinq ans surtout, à des résultats surprenants. »

Guy de Maupassant, Le Horla (1887)

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L’adjectif s’accorde avec le nom. C’est un fait. Ainsi, dans « Les jeunes Français adorent les hamburgers bien gras mais pas le cholestérol », on met des « s » un peu partout, parce que les jeunes Français sont nombreux et les hamburgers gras aussi. Comme dans cette phrase les noms qualifiés sont au pluriel, tous les adjectifs suivent, sans piper, de sorte que si l’on avait eu « Le cholestérol adore les Français bien gras mais pas les jeunes hamburgers », ça aurait été pareil : un « s » à « jeunes », et un autre à « gras ». De toute façon – toujours au singulier – on ne peut pas écrire « gras » autrement, alors que « grassouillet », si. Et « grasse » aussi, qui a plusieurs formes, dont celle-ci : « Les hamburgers adorent le jeune cholestérol mais pas les Françaises bien grasses ».

Donc, disions-nous, tous les adjectifs suivent. Ou presque – ce qui est parfaitement idiot, puisque si l’on écrit « tous », on n’a  pas à ajouter « presque ». C’est comme si on affirmait : « Tous les dinosaures sont morts, ou presque » – tout le monde sait bien que tous les dinosaures sont morts. Ou encore : « Tous les hommes politiques sont honnêtes, ou presque. » – tout le monde sait aussi que tous les hommes politiques sont honnêtes.

Alors reprenons : tous les adjectifs ne suivent pas. Certains se font remarquer, en quelque sorte. Et ça, c’est dérangeant, parce qu’on n’aime pas ceux qui se distinguent, qui ne font pas comme nous, qui s’habillent différemment, qui répugnent à porter ce genre de « s » que l’on met dans « des moutons dociles ».

Ces adjectifs qui se font remarquer, ce sont les adjectifs de couleur. On écrit ainsi : « L’abbé ne met jamais de soutanes orange » ; et il est vrai que si l’on mettait des « soutanes oranges », on se ferait vraiment remarquer. Restons donc discrets, revenons à nos moutons et rappelons les règles d’accord de ces mots assez singuliers.

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> Les adjectifs de couleur simples sont variables :

Ex. : « Qu’est-ce que c’est que ces trucs verts ? » demanda le petit garçon devant les épinards.

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> Les adjectifs de couleur composés (avec ou sans trait d’union) sont invariables :

Ex. : Une jeune femme aux yeux vert clair.

Ex. : Des tons gris-bleu.

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> Les adjectifs de couleur issus d’un nom – de fruit, de légume, de pierre, etc. – sont invariables :

Ex. : Des chemises orange (sens : « de la couleur du fruit, l’orange »).

(Exceptions : rose, écarlate, pourpre, mauve, violet, vermeil, fauve, incarnat, qui s’accordent).

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Quelques adjectifs de couleur invariables :

Abricot

Amande

Ambre

Anthracite

Ardoise

Argent

Auburn

Bronze

Carmin

Carotte

Cerise

Chair

Citron

Corail

Crème

Émeraude

Framboise

Fuchsia

Grenat

Indigo

Kaki (mot d’origine étrangère)

Lavande

Marron

Noisette

Ocre

Olive

Or

Orange

Pastel

Pêche

Pistache

Pivoine

Turquoise

T.V.

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Extrait  n° 10

Ce texte comporte six fautes, que les correcteurs automatiques ne repèrent pas toujours… Et vous ? Essayez de les trouver et postez-les dans la zone des commentaires (les bonnes réponses ne seront pas visibles sur le site – vous les recevrez par mail).

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14 juillet. – Fête de la République. Je me suis promené par les rues. Les pétards et les drapeaux m’amusaient comme un enfant. C’est pourtant fort bête d’être joyeux, a date fixe, par décret du gouvernement. Le peuple est un troupeau imbécile, tantôt stupidement patient et tantôt férocement révolté. On lui dit : « Amuses-toi. » Il s’amuse. On lui dit : « Vas te battre avec le voisin. » Il va se battre. On lui dit : « Votes pour l’Empereur. » Il vote pour l’Empereur. Puis, on lui dit : « Vote pour la République. » Et il vote pour la République.

Ceux qui le dirigent sont aussi sots ; mais au lieu d’obéir à des hommes, ils obéissent à des principes, lesquels ne peuvent être que niais, stériles et faux, par cela même qu’ils sont des principes, c’est à dire des idées réputées certaines et immuables, en ce monde où l’on n’est sur de rien, puisque la lumière est une illusion, puisque le bruit est une illusion.

Guy de Maupassant, Le Horla (1887)

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Extrait  n° 9

Ce texte comporte sept  fautes, que les correcteurs automatiques ne repèrent pas toujours… Et vous ? Essayez de les trouver et postez-les dans la zone des commentaires (les bonnes réponses ne seront pas visibles sur le site – vous les recevrez par mail).

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« 12 juillet. – Paris. J’avais donc perdue la tête les jours derniers ! J’ai du être le jouet de mon imagination énervée, à moins que je ne sois vraiment somnambule, ou que j’aie subit une de ces influences constatées, mais inexplicables jusqu’ici, qu’on appelle suggestions. En tous cas, mon affolement touchait à la démence, et vingt-quatre heures de Paris ont suffit pour me remettre d’aplomb.

Hier, après des courses et des visites, qui m’ont fait passer dans l’âme de l’air nouveau et vivifiant, j’ai fini ma soirée au Théâtre-Français. On y jouait une pièce d’Alexandre Dumas fils ; et cet esprit alerte et puissant a achevé de me guérir. Certes, la solitude est dangereuse pour les intelligences qui travaillent. Il nous faut autour de nous, des hommes qui pensent et qui parlent. Quand nous sommes seuls longtemps, nous peuplons le vide de fantômes.

Je suis rentré à l’hôtel très gai, par les boulevards. Au coudoiement de la foule, je songeais, non sans ironie, à mes terreurs, à mes suppositions de l’autre semaine, car j’ai cru, oui, j’ai cru qu’un être invisible habitait sous mon toit. Comme notre tête est faible et s’effare, et s’égare vite, des qu’un petit fait incompréhensible nous frappe !

Au lieu de conclure par ces simples mots : « Je ne comprends pas parce que la cause m’échappe », nous imaginons aussi tôt des mystères effrayants et des puissances surnaturelles. »

Guy de Maupassant, Le Horla (1887)

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